Publicité et pharmacie en ligne

Comme nous l’apprenions la semaine dernière, le Conseil Constitutionnel a rendu sa décision concernant la réclamation du groupement de pharmaciens Giphar. Ces derniers réclamaient (et réclame toujours..) la possibilité de communiquer sur leurs activités, en novembre dernier. Pour Giphar, « il est aujourd’hui nécessaire d’agir et d’adapter les dispositions réglementaires à la réalité des problématiques de la pharmacie », estimant ainsi que les textes en vigueur sont inadaptés aux enjeux des pharmacies et à leur nécessité de se faire connaître du public.

Le Conseil constitutionnel a rendu son verdict : il n’est pas revenu sur les articles de loi présents dans le code de la santé publique et estime que les textes sont toujours légitimes et conformes.

Résultat ? Les pharmacies physiques, au même titre que les pharmacies en ligne, ont interdiction de communiquer et de faire de la publicité sur leurs enseignes. Cela représente une contrainte majeure et nous allons voir pourquoi.

Les pharmacies face à l’interdiction de communiquer

De cette façon, une pharmacie ne peut pas faire du publicité.

Cela signifie qu’elle ne peut pas communiquer de manière traditionnelle, d’une part. Impossibilité donc d’utiliser les moyens de communication marketing classiques : campagnes d’affichage, flyers, encarts dans la presse etc..

D’autre part, cela signifique les pharmacies sont dans l’impossibilité d’utiliser Internet comme vecteur de publicité. Contrainte plus particulièrement handicapante pour une pharmacie en ligne comme LaSante.net, les privant ainsi de :

  • bannière sur les sites internet très fréquentés
  • campagne d’achat de mots clés (Google Adwords)

L’idée de développer son entreprise sans pouvoir utiliser les technologies de l’information et de la communication, dans un secteur aussi concurrencé, est un véritable challenge…mais un challenge réalisable.

Les différents outils pour se faire connaître

La publicité au sens qu’on lui donne aujourd’hui n’est pas le seul moyen de développer son audience. Les pharmacies en ligne doivent adopter une stratégie de contenu pertinente pour rester dans la course.

Le contenu

Ainsi, un site de santé qui veut rester dans la course doit trouver un moyen d’attirer les visiteurs avec un contenu attractif et de qualité, qui donne un vrai apport au lecteur. Blog, conseils, système de questions-réponses…les solutions sont multiples. De cette manière, le site obtient une légitimité auprès de ses potentiels futurs clients et apporte une valeur ajouté à son business, se distinguant des pharmacies physiques.

De plus, si le contenu est pertinent et apporte une véritable réflexion, il attirera les médias qui pourront potentiellement le reprendre. En citant la pharmacie en ligne, ils permettront ainsi de faire connaître l’entreprise à leur audience…et à Google.

Le référencement naturel

Google. Nous y voilà. Toute personne se lançant dans la vente sur Internet ne doit pas sous-estimer les problématiques de référencement naturel. Et les pharmacies en ligne, encore moins. Se positionner dans les premiers résultats des SERPs est un moyen très efficace pour augmenter son trafic et sa notoriété.

Les réseaux sociaux

Est-il nécessaire de rappeler l’importance des réseaux sociaux ? Le code de la santé publique n’interdit pas de créer des profils officiels sur les réseaux sociaux. Ne sous-estimez pas le poids des réseaux sociaux – notamment de Google+ – étroitement lié aux problématiques de référencement naturel.

Publicités

Opticien en ligne, je ne l’avais pas vu venir

La loi du commerce est en passe d’assouplir la vente de lunettes de vue en ligne. Ce marché est actuellement verrouillé par les opticiens dont on ne révélera aucun secret si on annonce leur marge comme confortable.

Dès 2007, j’avais souhaité m’investir dans le domaine des optiques avec MonOpticien.com (projet revendu à la Centrale des Opticiens dans les années 2010), mais l’ouverture d’esprit dans la profession à l’époque ne m’avais pas donné l’occasion de trouver un partenaire pour mener à bien ce projet. Et lorsque l’on découvre encore aujourd’hui, l’attitude de certains opticiens vis à vis de la création du projet Sensee, on est en droit de se poser des questions. Pour illustrer mes propos, rien de tel qu’un petit exemple relayé par Twitter ces derniers jours :

Charles D.

Dites vous voulez donner un sale coup à Sensee? La loi sur le commerce internet oblige à rembourser l’acheteur dans les 30 jours suivant l’achat en cas d’annulation de la commande, pourquoi pas chacun d’entre nous commande une paire en prog très chère et on la retourne ça leur en fera des frais non?

Chloe O. B.

C’est ce que j’avais proposé ! Je suis pour bien sure mais je voulais être sûre avant parce que j’avais juste pensé au délais de rétractation et j’étais pas sure d’avoir reçu les lunettes! Parce que pour les embêter un peu plus je m’étais dit que fallait poster notre photo avec des lunettes et dire qu’on était pas content car ça nous fait des trop gros ou trop petits yeux…

Rudy A.

Sauf que fait gaffe… cette loi s’applique pas au sur mesure.
ceci dit… les conditions général de vente de Sensee le permet !

Charles D.

Y a peut-être un truc à faire ça l’obligerait à se rendre que les impondérables aussi t’obligent à augmenter ta marge…

Charles D.

Un centaine de paires à 100 euros ça peut leur faire du tort

Chloe O. B.

dès que j’aurai quelques minutes à perdre j’irai tout lire

Charles D.

Tout le monde peut s’acheter une monture moche en prog dans les 150 et se la faire rembourser? Avec un peu de chance il y aura de la casse atelier 🙂

Chloe O. B.

dites le quand vous l’aurez fait de votre coté

Charles D.

Moi je suis ok, une photo à l’appui ? « J’imagine cool une centaine de ventes en plus cette semaine, on va revoir le plan de financement , merci mon copain Hamon… » et là boum ! Remboursez, remboursez

Bel état d’esprit…

Vente en ligne contre vente en boutique spécialisée

Bien évidemment, le syndicat des opticiens est déjà en train de taper à la porte du gouvernement en expliquant qu’on est en train de voler leur marge et d’affaiblir leur marché.

Ils prévoient une chute de 15% de leur chiffre d’affaire et donc par ricochet, re-voila le spectre et les menaces de nouvelles suppressions d’emplois.

Voilà un bel argument qui pourrait peser dans la balance de Benoit Hamon (Ministre à l’initiative du projet). Mais ce dernier ne semble pas prêt à reculer… Son objectif clairement affiché est de faire baiser les prix en ouvrant ce marché à un plus grande concurrence.

Pour la petite anecdote, saviez vous que le nombre d’opticiens a augmenté de plus de 47% depuis 2000 ? Une telle augmentation du nombre d’opticiens est sans doute à l’origine des problèmes de compétitivité et de rentabilité pour de nombreuses enseignes.

Et si justement ce marché des optiques était si vaste que l’arrivée de nouvelles offres sur Internet permettrait de qualifier davantage la clientèle ?

Ainsi, les clients qui ne cherchent véritablement que des prix bas, s’orienteront directement sur Internet. Les personnes soucieuses de vouloir obtenir des conseils et être orientées sur une typologie précise de produits continueront à se rendre en boutique. Mais c’est encore une idée erronée que celle selon laquelle Internet ne vendrait qu’un prix. Je connais bon nombre de services clients sur la toile que des boutiques physiques sont en droit d’envier (ou de détester selon son aptitude à subir ou évoluer avec le changement des habitudes de consommation de ses clients).

Les opticiens vont avoir l’obligation de redoubler d’astuces et adopter de véritable stratégie marketing digital. Fini donc le temps où la seule carotte du consommateur était la deuxième paire offerte (Cette dernière n’avait d’ailleurs d’offerte que le nom).

La vente en ligne d’optique sur Internet va dynamiser ce secteur qui en avait besoin, et lui apporter de nouvelles perspectives. Cette évolution se fera naturellement. Cela correspond à une évolution des mentalités et des habitudes de consommation.

Acheter ses lunettes de vue en ligne

Au delà du débat sur la légitimité ou non de la vente en ligne, restons pragmatique et attachons-nous à savoir comment est-ce que l’on peut acheter ses lunettes en ligne tout en gardant la même qualité chez notre chez opticien du coin de la rue, ou de la rue d’après ou encore celle d’après.

Pour assurer le service actuellement dispensé par les opticiens, il le sera également par les vendeurs en ligne pour les raisons suivantes:

  • les sites internet qui veulent se lancer dans cette activité devront avoir dans leur effectif au moins un opticien
  • les ordonnances de lunettes devront désormais comporter l’écart entre les deux yeux. Cette mesure est actuellement prise par votre opticien. Sur internet, le client devra envoyer une photo et l’ordonnance comportant toutes les informations concernant le client

Il est d’ores et déjà possible d’acheter ses lunettes en ligne sur Seensee ou Happyview. D’autre part, cela fait déjà plusieurs années que les internautes peuvent acheter leurs lentilles en ligne (depuis 2006). L’impact sur les ventes des opticiens n’est pas celui de la situation catastrophique que ces derniers envisagent.

Pharmacie et optique: les précurseurs de la libéralisation numérique

On constate que ces deux secteurs vont avoir des destins croisés. En effet, ils sont tous les deux liés à la santé. Un secteur où les plus démunis refusent de se soigner, le prix étant un barrière à l’entrée.

Depuis début 2013, les pharmaciens peuvent vendre les médicaments non soumis à prescription médicale. Le pré-requis pour pouvoir mettre en place une pharmacie en ligne est d’avoir une officine physique qui appuie votre boutique en ligne.

Aujourd’hui, on compte 80 pharmacies en ligne. Certes, leur nombre ne cesse de croitre mais les pharmacies physiques sont toujours là et vous pouvez courir en catastrophe dans l’une de ces dernières pour montrer la vilaine plaie occasionnée par un barbecue mal contrôlé.

Il ne s’agit donc dans les deux cas que de saine concurrence qui va permettre d’agir sur les marges de ces professionnels.

Autre point commun, les sites internet sont gérés par des professionnels compétents et qualifiés dont le service sera encadré. L’argument des opticiens quant à la perte de qualité de service n’est donc pas un argument viable.

Alors rassurez-vous et commandez sereinement votre paracetamol et vos lunettes en ligne.

Et si vous aviez pour ambition de devenir LA référence de la vente en ligne de lunettes, au même titre que LaSante.net est devenu la référence dans l’univers de la vente en ligne de médicament, vous ne devriez pas hésiter longtemps avant de nous contacter.

Ce qui manque aux pharmacies en ligne

La plus part des pharmaciens que je rencontre continuent d’avoir le souhait d’investir dans une pharmacie en ligne, afin de pouvoir capitaliser sur un outil informatique qui valorisera de manière globale leur officine.

Tous souhaitent se lancer dans l’aventure afin de ne pas rester en dehors de la réalité du marché qu’est Internet, et tous essayent de comprendre comment gagner de nouvelles part de marché, en donnant une visibilité supplémentaire à leur sélection de gamme et offre produit.

Depuis 2005, je travaille dans l’univers de la santé d’une manière générale (initialement pour un laboratoire pharmaceutique, puis dans le domaine de la parapharmacie, puis pour une grande enseigne de vente de matériel médical et enfin pour des pharmacies en ligne), et j’ai souhaité oeuvrer sur Internet pour permettre aux consommateurs d’accéder à une offre produit plus large, à des prix plus compétitifs, et en se faisant livrer rapidement à domicile.

Le plus gros frein à la consommation, pour des sites de vente en ligne d’une façon générale, c’est la livraison.

Dans le domaine de la santé, quoi de plus frustrant que de vouloir par exemple, acheter du Doliprane à un très bon prix, mais de ne pouvoir en disposer que quelques jours plus tard, le temps que le service de livraison vous fasse parvenir votre commande ? Si vous avez mal à la tête et que vous n’avez plus de paracétamol ou d’aspirine, vous n’allez pas attendre 2 jours, voire même 24h (pour les sites les mieux organisés) pour vous soigner. Vous prenez votre véhicule, ou vous envoyez un de vos proches passer à la pharmacie du coin et vous récupérez ce dont vous avez besoin pour vous remettre sur pied.

Les consommateurs sur les sites de vente de produit de parapharmacie font leurs achats comme s’ils achetaient un produit de consommation courante. Si la crème de soin ou la masse à raser arrive sous quelques jours mais qu’elle a été achetée au bon prix, cela ne freine que rarement le consommateur de savoir qu’il ne sera livré que le lendemain de son passage de commande.

Pour l’achat de médicaments sur Internet, nous nous apercevons qu’une majorité des clients préparent leurs commandes pour les semaines ou les mois à venir, mais pas pour une utilisation immédiate des médicaments.

Ce qu’avait sans doute espéré pouvoir mettre en place l’enseigne 1001Pharmacie, c’est de donner l’opportunité aux consommateurs de procéder à leurs achats sur une place de marché, pour ensuite retirer ou se faire livrer par une pharmacie locale et adhérente au réseau de 1001Pharmacie, leurs médicaments au meilleur prix. Une sorte de Drive de la pharmacie.

Mais un tel projet en 2013 semble très difficile à mettre sur pied. Pas tant à cause de la réglementation française, qui pourrait (peut être) s’assouplir sur certains aspects, mais parce qu’a l’heure actuelle il n’existe aucune harmonisation des systèmes informatiques dans les pharmacies. Entre PharmaGest, WinPharma, pour ne citer que ces 2 solutions du marché (il en existe une multitude d’autres), il n’est pas aisé de faire de l’échange ou de l’extraction de données. Pas de services Web (outil de communication autorisant l’échange de données entre applications et/ou des systèmes informatiques hétérogènes), aucune ouverture avec leur base de données. 

Ce service Drive de la pharmacie serait complexe à mettre en place du fait de la visibilité et de la rétrocession qui devrait être à gérer entre les pharmacies d’un même réseau. Mais ce sujet fera l’objet d’un prochain article j’y reviendrai plus longuement.