Dans un communiqué paru à l’AFP, 2 groupements de pharmacien, l’Union des Groupements de Pharmaciens d’Officine (UDGPO) et le groupement de pharmaciens indépendants Univers Pharmacie déclarent avoir saisi la Présidence du Tribunal de Grande Instance de Colmar d’un projet d’assignation à jour fixe contre le groupe Leclerc.
L’UDGPO et Univers Pharmacie dénoncent une « campagne massive de dénigrement des pharmaciens par le groupe Leclerc » et souhaitent faire cesser sans délai la campagne de presse menée par le groupe depuis le 20 novembre sur divers médias.
Après examen du projet, par ordonnance en date du 1er décembre 2009, la juridiction saisie a autorisé les demandeurs à délivrer l’assignation au groupe Leclerc en vue de l’audience du Tribunal de Grande Instance de Colmar du 18 décembre 2009 à 9 heures. Direct Labo, groupement de 1 800 pharmacies, a d’ores et déjà mandaté son conseil pour se joindre à cette assignation.
Il faut dire que M.E.L n’y va pas par 4 chemins. A nouveau, c’est le combat dont la victoire permettra de savoir à qui va profiter le fantastique marché annuel de 2 milliards d’euros que représente l’automédication en France.
« Pourquoi s’acharne-t-on à préserver le monopole officinal de la distribution des médicaments non remboursés » alors que ces derniers ont subi « une forte augmentation réduit le pouvoir d’achat des consommateurs », interroge notamment un encart de presse du groupe Leclerc, qui réclame « une vraie concurrence sur les prix ».
Leclerc qui a les moyens d’engager la protection juridique qui convient, fait déjà l’objet d’une procédure sur le fond devant le TGI de Colmar en septembre 2008, qui n’a toujours pas été tranchée. Basé à Colmar, Univers Pharmacie avait intenté une procédure en référé contre une campagne publicitaire Leclerc qui présentait les médicaments comme un produit de luxe et qu’elle jugeait dénigrante. Débouté en appel, le groupement de pharmaciens s’est pourvu en cassation.
Le groupe Leclerc invoque le droit du « patient ET consommateur » à la comparaison des prix, à la facilité du libre-service, et reprend dans son argumentaire commercial les promesses gouvernementales faites sur le pouvoir d’achat des Français. Promesses guères tenues, note Leclerc, qui met en avant les dé-remboursements de plus en plus nombreux.
Le distributeur promet de faire baisser de 50 % le prix des médicaments, et cela en moins de deux ans.
Mais il faut dire M.E.L est bien le seul à y croire. Car il serait bon de rappeler qu’en Italie par exemple, où les enseignes Leclerc vendent des médicaments dans leurs magasins, les prix ont augmenté de 10%, 3 mois seulement après leurs mise en place. Par ailleurs, le marché de l’automédication en France, n’est pas prêt aux yeux des pharmaciens. Car réduire le médicament à une question de prix risque de banaliser sa consommation . Les pharmaciens prennent souvent l’exemple du paracétamol, le produit le plus consommé en France, mais qui reste quand même la première cause d’hépatite fulminante en cas de mauvaise posologie.
Pour Jacques Techer, secrétaire général de la Fédération nationale de la pharmacie, la demande de Leclerc est celle d’un « opportuniste… qui profite du désarroi des gens ». Cette campagne, juge-t-il, « ne vaut pas mieux que celle de Mailorama », ce site Internet qui avait annoncé une distribution d’argent à Paris le 14 novembre dernier.



