Pour beaucoup de professionnel de la santé, les parapharmacies discount qui cassent les prix feraient un tort considérable aux pharmaciens.
Beaucoup de pharmaciens tentent de faire cesser ces pratiques, en se rendant dans des officines ou sur Internet et essayent de faire constater que les produits de sont pas vendus par du personnel qualifié sous le contrôle du pharmacien. Malheureusement, la plus part des discounteurs connaissent et s’évertuent à respecter le code de la santé publique.
L’Union des grandes pharmacies (UGP) visite depuis de nombreuses années un certain nombre de corners de parapharmacies d’hypermarché qui vendraient des médicaments et d’autres produits en libre-service. Après être retourné dans l’une de ces parapharmacies avec un huissier muni d’une ordonnance du tribunal pour constater qu’il y avait vente illégale de médicaments, il a été découvert dans l’une de ces officines que plus de 1 000 médicaments étaient vendus en libre-service. Le tribunal correctionnel a permis de faire condamner la grande distribution à plusieurs reprises en grande Instance, en cour d’appel, et de cassation, où il a pu ainsi faire rétablir dans certains cas les règles de loyautés entre la parapharmacie et la pharmacie.
Après quelques procès plus ou moins bien médiatisés, les pharmaciens ont enfin compris les méthodes employées par leurs concurrents dans les hypermarchés. Ces mêmes pharmaciens prétendent aujourd’hui connaître les techniques permettant de conseiller efficacement des pharmaciens indépendants dans le développement de leur pharmacie face à la concurrence de la grande distribution.
Les pharmaciens dits « traditionnels » voient d’un très mauvais œil le problème de la perception du consommateur. Quand un consommateur va acheter ses médicaments ou des produits de beauté ou de la parapharmacie de grandes marques (Avène, Vichy, etc.) dans une pharmacie discount et les paye 30 à 40 % moins cher que dans sa propre pharmacie de quartier, il va avoir tendance à penser que son pharmacien de proximité « s’en met plein les poches ». Or d’après les conservateurs de la profession, ils en sont toujours à se dire que le pharmacien qui vend les médicaments donne un conseil, comme il l’a toujours fait, et ne charge pas inconsidérément son client qu’il connaît bien et ne pratique pas le remplissage de sac en allant préparer des listes de médicaments remises pour les amis en France ou à l’étranger, voire même pour la revente. Son client est son patient ; il le connaît bien.
Sauf que voila, l’association UFC Que choisir a publié fin août 2009, les résultats d’une enquête menée en métropole et à La Réunion sur la qualité des conseils offerts dans les pharmacies. Et dans plus de 50% des cas, l’achat de deux médicaments sans ordonnance comme l’aspirine et un anti-inflammatoire n’a pas soulevé de remarques particulières de part les pharmaciens interrogés. Plutôt surprenant pour 2 produits dont l’association est pourtant fortement déconseillée !